Aline, c'est une amie de Catherine, la photographe de Saint-Briac. Une anecdote pour décrire sa personnalité: un jour, une petite fille rencontrée sur un Salon du livre lui demande: "Quel âge tu as?" "Cinq ans et demi", lui répond très sérieusement Aline. "Ah, tu as le même âge que ma soeur", enchaîne la petite fille, nullement perturbée.
Créatrice des Editions pour penser à l'endroit, Aline parle à l'enfant qui est en chacun de nous. Et ça marche. Lorsque j'arrive dans sa maison, qui est aussi son bureau, elle m'emmène faire l'interview dans son jardin, une petite bulle de verdure qui surplombe Cholet. Là, au chant des oiseaux guettés par un matou plein d'espoir, elle me raconte l'histoire de La princesse et la Bergère, son premier conte autoédité il y a maintenant onze ans. Le charme opère: j'ai à nouveau sept ans et j'attends avec impatience, derrière ma caméra, ce qu'il va bien pouvoir arriver à la princesse Eglantine dans sa quête du bonheur.
On est loin de la bouillaminie proposée aux enfants; le monde enchanté d'Aline est celui de la poésie, de l'innocence qui n'empêche pas le questionnement. C'est un petit instant de grâce qu'elle offre le temps d'un conte aux enfants, et aussi aux adultes, comme une plongée dans une fontaine magique.
Son portrait en vidéo, c'est ici.
Dans les coulisses du "road trip positif!"
mercredi 19 octobre 2011
mardi 11 octobre 2011
Toi + moi et tous ceux qui le veulent, etc...
Bon ça y est, c'est la première avarie du voyage: un PC désespérément muet ce weekend. Arrêt obligatoire dans les stands et prière aux dieux de l'informatique ("Steve, tu m'entends? Je sais que j'aurais dû acheter un Mac, mais sois magnanime, c'est compliqué d'avoir une configuration stable ordi+caméra dans un environnement technologique qui change tous les trois mois...")Le côté positif (toujours...), c'est que ça me donne l'occasion de parler des prochains portraits: Aline ("La Fée") et Olivier ("Le Petit Prince des bois"), respectivement créatrice d'une maison d'édition et fabricant de meubles écologiques.
Comment je les connais? C'est un des aspects de ce "Voyage" que j'adore: je demande à chaque personne interviewée de réfléchir à deux, trois noms de personnes positives, et aux rencontres qui lui ont fait du bien. Dans n'importe quel domaine et partout en France.Généralement, il y a un petit temps de latence, puis très vite, les idées fusent. Comme me le dit Aline: "En fait, ton projet, c'est de nous piquer notre carnet d'adresses avec tous nos copains!" Ce à quoi j'ai répondu: "Uniquement les copains sympas." Clic-clac, c'est mon côté "voleur de couleurs" pour repeindre (un peu) la vie en rose.
Concrètement, Catherine la photographe m'a donné les coordonnées d'Aline l'éditrice, qui m'a fait rencontrer Olivier l'amoureux du bois, qui m'a parlé d'autres personnes, portraits à venir... C'est ainsi toute une chaîne positive qui devient peu à peu visible.
Et pour finir un peu de douceur avec Randy Crawford
jeudi 6 octobre 2011
Bonus: le jeu de poses chez les personnes handicapées
mardi 27 septembre 2011
Catherine, la femme aux semelles de vent
Elle marche à grandes enjambées, vagabonde, le nez au vent, son appareil photo en bandoulière; elle parle aux oiseaux (même aux pigeons). Elle est l'amie des enfants du village et aussi des personnes âgées. Voilà Catherine, la femme la plus libre que je connaisse. Nous nous sommes rencontrées par hasard: elle était ma voisine lorsque j'ai loué une maison quelques semaines à Saint-Briac.
La liberté, c'est d'abord celle qu'elle s'est donnée, en démissionnant d'un poste d'ingénieur pour se reconvertir comme photographe professionnelle, spécialiste du noir et blanc. C'est aussi celle de parcourir la planète - voyages dans les déserts du Maghreb, notamment - et de revenir s'enraciner dans ce petit coin de Bretagne, faisant de son atelier une fenêtre ouverte sur le monde.
On entre dans cette ancienne maison de pêcheur, et hop, nous voilà transportés sur les ailes d'un oiseau, à la rencontre des nomades tunisiens, ou plongés dans un désert urbain. Et toujours la précision, la netteté du noir et blanc, comme des encres de Chine. L'impression d'avoir des yeux tout neufs. On se laisse prendre par un regard, une attitude, des courbes de paysage qui dessinent des figures, des symétries qui se révèlent dans une rampe, un escalier, un chemin. Le familier devient étranger, l'étranger devient familier. Elle nous aide à porter un regard nouveau sur les choses.
Catherine, c'est aussi un art de la justesse pratiqué avec une délicatesse extrême: elle est là, dans son atelier, accueille le visiteur, parfois lui offre un thé quand elle sent la possibilité d'un dialogue, mais ne s'impose jamais. Elle le laisse aller à la rencontre des images, à la rencontre de lui-même parfois dans un effet miroir déconcertant.
Elle a mis en place un jeu de poses à son image: dans des villes ou des villages, elle va dans les cafés, les écoles, les foyers, et demande à chacun de prendre la pose. Une "belle émotion", comme elle dit souvent.
Son portrait, c'est ici.
(Et Merci à Verlaine - et non Rimbaud - pour le titre de ce post - Merci à Marie-Claude pour avoir corrigé mon erreur)
La liberté, c'est d'abord celle qu'elle s'est donnée, en démissionnant d'un poste d'ingénieur pour se reconvertir comme photographe professionnelle, spécialiste du noir et blanc. C'est aussi celle de parcourir la planète - voyages dans les déserts du Maghreb, notamment - et de revenir s'enraciner dans ce petit coin de Bretagne, faisant de son atelier une fenêtre ouverte sur le monde.
On entre dans cette ancienne maison de pêcheur, et hop, nous voilà transportés sur les ailes d'un oiseau, à la rencontre des nomades tunisiens, ou plongés dans un désert urbain. Et toujours la précision, la netteté du noir et blanc, comme des encres de Chine. L'impression d'avoir des yeux tout neufs. On se laisse prendre par un regard, une attitude, des courbes de paysage qui dessinent des figures, des symétries qui se révèlent dans une rampe, un escalier, un chemin. Le familier devient étranger, l'étranger devient familier. Elle nous aide à porter un regard nouveau sur les choses.
Catherine, c'est aussi un art de la justesse pratiqué avec une délicatesse extrême: elle est là, dans son atelier, accueille le visiteur, parfois lui offre un thé quand elle sent la possibilité d'un dialogue, mais ne s'impose jamais. Elle le laisse aller à la rencontre des images, à la rencontre de lui-même parfois dans un effet miroir déconcertant.
Elle a mis en place un jeu de poses à son image: dans des villes ou des villages, elle va dans les cafés, les écoles, les foyers, et demande à chacun de prendre la pose. Une "belle émotion", comme elle dit souvent.
Son portrait, c'est ici.
(Et Merci à Verlaine - et non Rimbaud - pour le titre de ce post - Merci à Marie-Claude pour avoir corrigé mon erreur)
lundi 19 septembre 2011
Cathie: Froufrous, froufrous
J'ai d'abord entendu parler de Cathie par des fidèles du site www.lamaisonducancer.com (cofondé avec Anne-Laurence Fitère). Créer une entreprise de lingerie pour les femmes amazones: je trouvais l'histoire inspirante et... plutôt culottée, c'est le cas de le dire.
Rendez-vous est donc pris en banlieue parisienne. Au téléphone, je lui avais assuré crânement: "Mais oui, nous autres, journalistes parisiens, nous franchissons le périph'!" Hmmm... Elle finira par venir me chercher en voiture, car après m'être emmêlée les pinceaux dans les différents RER, je suis bien en retard...
Cathie s'apprête à déjeuner sur le pouce avant de rejoindre son poste de Directrice artistique. Elle n'a quasiment pas cessé de travailler lors de son combat contre le cancer, entamé il y a douze ans.
On s'installe dans le minuscule bureau qu'elle a aménagé dans sa maison. Elle est un peu intimidée au début - moi aussi - mais très vite, cela s'anime quand elle me raconte les débuts de Souti1. Elle rigole. Cathie, c'est un mélange de froufrous et d'armature, de légèreté et de détermination. Il lui en a fallu, de la détermination, pour mettre au point un soutien-gorge asymétrique. Et puis pour convaincre un manufacturier de le fabriquer en série. Pour le commercialiser. Pour briser les tabous qui entourent les femmes qui ont subi une ablation du sein. Tout cela en poursuivant des traitements lourds...
Quand je lui demande: "Mais d'où te vient ton énergie?" Elle me répond: "C'était ça ou crever". Bon d'accord. Qu'on se le dise, être positif, ce n'est pas chausser des lunettes roses et se projeter dans un monde où tout va bien. Tout ne va pas bien. La maladie reste au centre de la vie de Cathie. Mais elle se bat. Pas seulement pour elle, pour les autres aussi. Sur son chemin, elle a aussi rencontré des personnes qui l'ont aidée, à commencer par Louise Feuillère, corsetière et Meilleure Ouvrière de France. L'aventure a pris un tournant collectif. Fort logiquement, Cathie vient de créer une association, Au Sein de sa Différence, pour aider à la reconstruction identitaire des femmes touchées par un cancer du sein.
Pour voir son portrait, c'est ici: www.positivefrance.fr
On s'installe dans le minuscule bureau qu'elle a aménagé dans sa maison. Elle est un peu intimidée au début - moi aussi - mais très vite, cela s'anime quand elle me raconte les débuts de Souti1. Elle rigole. Cathie, c'est un mélange de froufrous et d'armature, de légèreté et de détermination. Il lui en a fallu, de la détermination, pour mettre au point un soutien-gorge asymétrique. Et puis pour convaincre un manufacturier de le fabriquer en série. Pour le commercialiser. Pour briser les tabous qui entourent les femmes qui ont subi une ablation du sein. Tout cela en poursuivant des traitements lourds...
Quand je lui demande: "Mais d'où te vient ton énergie?" Elle me répond: "C'était ça ou crever". Bon d'accord. Qu'on se le dise, être positif, ce n'est pas chausser des lunettes roses et se projeter dans un monde où tout va bien. Tout ne va pas bien. La maladie reste au centre de la vie de Cathie. Mais elle se bat. Pas seulement pour elle, pour les autres aussi. Sur son chemin, elle a aussi rencontré des personnes qui l'ont aidée, à commencer par Louise Feuillère, corsetière et Meilleure Ouvrière de France. L'aventure a pris un tournant collectif. Fort logiquement, Cathie vient de créer une association, Au Sein de sa Différence, pour aider à la reconstruction identitaire des femmes touchées par un cancer du sein.
Pour voir son portrait, c'est ici: www.positivefrance.fr
vendredi 16 septembre 2011
Le petit prince et la fée
Hier, j'étais en vadrouille du côté de Cholet. J'ai fait ma première interview à la lueur d'une bougie. J'ai rencontré un petit prince et une fée.
Le petit prince m'a emmenée voir une fontaine magique et m'a appris à voir de quel bois il se chauffait.
La fée m'a raconté une histoire et m'a offert un joli cadeau, que vous voyez en photo.
En plus, elle m'a donné un coup de baguette magique. Normal, pour une fée. La preuve en 25 secondes:
jeudi 8 septembre 2011
Ces chaînes invisibles

J'ai passé une bonne partie de l'été à réfléchir au projet du "Voyage" et à me poser des tonnes de questions: quel rythme, quelle périodicité pour publier les portraits? Quelle organisation? Quels partenariats éditoriaux? Sans même parler de: quels éventuels sponsors...? Une question que j'esquive car je suis complètement nulle pour vendre les choses qui me tiennent à coeur. (Et même: plus ça me tient à coeur, plus je me bloque, selon une loi de la vie que je n'ai encore pas bien comprise).
Aujourd'hui, je n'ai guère plus de réponses qu'au début de l'été. Finalement, il faut bien que je me lance! C'est un peu l'équivalent du fameux passage des "Bronzés font du ski", dans lequel Balasko dévale sa première piste: "J'y vais mais j'ai peur!"
... d'accord je risque de me prendre un sapin... mais aussi de connaître des bonnes sensations de glisse! Dans mon cas: des rencontres qui font du bien, le plaisir d'écrire, de filmer... Et puis quelle est l'alternative? Rester bloquée en haut de la piste sans bouger? Très peu pour moi. Alors je me lance donc, sans trop savoir où je vais, et en essayant d'oublier ces "chaînes invisibles", chantées par Raul Midon, qui peuvent parfois nous retenir dans notre élan.
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